Les 3 erreurs qu’on fait en voulant “bien faire” (en éducation comme dans sa vie)

Publié le 20 février 2026
10 min de lecture

Introduction

À force de vouloir bien faire, tu finis parfois par faire un truc très injuste : tu t’oublies.

On nous a beaucoup appris à être “bonne” partout :
une bonne mère, une bonne professionnelle, une bonne amie, une bonne partenaire.
Alors tu donnes. Tu anticipes. Tu portes. Tu gères. Tu encaisses. Tu compenses ce que les autres ne font pas.
Et tu te dis : “C’est normal. Il faut bien que quelqu’un le fasse.”

Sauf qu’un jour, tu sens un truc étrange.
Tu fais tout “comme il faut”… mais tu ne te reconnais plus.
Tu es là, oui. Mais à moitié ou à un quart. Comme en pilote automatique.

De mon côté, pendant huit ans, j’ai dirigé deux écoles Montessori. J’ai accompagné des centaines d’enfants à développer leur autonomie, leur confiance, leur joie d’apprendre.
Et pourtant… j’ai moi aussi commis les mêmes erreurs que tant de femmes : des erreurs invisibles, souvent bien intentionnées, mais qui nous vident de notre énergie et nous éloignent de nous-mêmes.

Aujourd’hui, je te partage ces 3 erreurs.
Pas pour te culpabiliser. Mais pour t’aider à les reconnaître… et à choisir autrement.

Parce que “bien faire” ne devrait jamais vouloir dire “s’oublier”.

Erreur n°1 : Vouloir tout contrôler (pour se sentir en sécurité)

L’illusion du contrôle parfait

Quand tu veux “bien faire”, tu veux souvent éviter l’imprévu.
Alors tu contrôles.

Tu contrôles les devoirs pour être sûre qu’il/elle “réussisse”.
Tu contrôles ton emploi du temps pour ne rien oublier.
Tu contrôles tes émotions pour ne pas craquer.
Tu contrôles l’image que tu renvoies pour être aimée, reconnue, validée.

Et le problème, c’est que le contrôle ne rassure jamais longtemps.
Il fatigue.
Plus tu contrôles, plus tu t’épuises.
Plus tu anticipes, plus tu vis dans l’anxiété.
Plus tu veux “bien faire”, moins tu es présente à ce qui est.

J’ai passé des années à vouloir que tout soit “parfait” : l’organisation, les équipes, les projets, les enfants, la maison…
Et un jour, j’ai réalisé : je ne vivais plus.
Je gérais.

Je gérais tout sauf moi!

Ce que ça coûte vraiment

Le besoin de tout contrôler vient souvent d’une peur profonde :
peur de l’échec, peur du jugement, peur de l’imprévu.

On croit qu’en contrôlant tout, on se protège.
Mais en réalité, on se prive.

On se prive de légèreté.
On se prive de spontanéité.
On se prive même… de la beauté de l’imprévu.

Et très concrètement, ça donne quoi ?

Ton enfant te dit : “Tu viens jouer ?”
Et toi : “Pas maintenant.”
Parce qu’il y a une machine à étendre, un repas à préparer, un truc à ranger, un truc à prévoir.
Et tu te dis : “Après.”

Sauf que “après”, c’est souvent jamais.

Alors pose-toi une question simple :
Qu’est-ce qui compte vraiment : une maison nickel… ou un moment de présence ?
(Et je dis ça sans culpabilité. Juste pour remettre l’essentiel à sa place.)

Comment sortir de cette erreur

La première étape, c’est de reconnaître une vérité libératrice :
tu ne peux pas tout contrôler.
Et c’est OK.

En Montessori, on apprend aux enfants à faire par eux-mêmes, parce qu’on leur fait confiance.
Et si tu commençais à te faire confiance, toi aussi ?

Quelques pistes concrètes (simples, faisables) :

  • Choisis une seule chose à lâcher cette semaine (une attente, un “il faut”, une tâche non essentielle).
  • Utilise la phrase magique : “Je fais de mon mieux avec ce que j’ai aujourd’hui.”
  • Remplace “c’est une menace” par “c’est une invitation” quand un imprévu arrive.

Contrôler moins, ce n’est pas abandonner.
C’est respirer.

Et parfois, faire moins, c’est aussi te rendre la vie.
Moi, je remplissais mon “temps libre” d’une liste de contraintes.
J’avais oublié de garder une place pour moi : nager, lire, ne rien faire, juste me poser.
C’est fou comme on peut s’oublier… sans même s’en rendre compte.

  • « Quels aspects de ma vie est-ce que je cherche à contrôler le plus, et pourquoi ? »
  • « Quelle est une petite chose que je pourrais lâcher cette semaine pour me sentir plus libre ? »

Erreur n°2 : Se sacrifier pour les autres (en pensant que c’est de l’amour)

La confusion entre don et sacrifice

Il y a une croyance que beaucoup de femmes portent en silence :
“Pour être une bonne mère / une bonne partenaire / une bonne personne, je dois tout donner.”

Alors tu donnes.
Ton temps. Ton énergie. Ta patience. Ton attention.
Même quand tu es fatiguée. Même quand tu n’en peux plus. Même quand tu te sens vide.

Et tu continues… parce que tu appelles ça “aimer”.

Mais aimer, ce n’est pas s’effacer.
Aimer, ce n’est pas disparaître pour que l’autre existe.

Et si la première personne avec qui tu devais apprendre à être douce… c’était toi ?

D’où vient cette croyance ?

Souvent, elle est ancienne.

On a vu nos mères faire passer tout le monde avant elles.
On a appris qu’une “bonne fille” ne se plaint pas.
Qu’il faut être gentille, serviable, disponible.

Et petit à petit, on a intégré que notre valeur dépendait de ce qu’on donnait.

Sauf qu’un jour… tu te réveilles et tu ne sais plus qui tu es.
Tu as tout donné.
Sauf à toi.

La vérité sur le sacrifice

Tu ne peux pas remplir la tasse de quelqu’un d’autre si la tienne est vide.

En Montessori, on évite de faire à la place de l’enfant ce qu’il peut faire seul.
Parce que sinon, on lui vole sa puissance.

Exemple tout bête :
Un enfant dit “J’ai pas de fourchette.”
Au lieu de courir, on peut répondre :
“Tu n’as pas de fourchette ? Tu te rappelles où elles sont rangées ?”
Et on l’accompagne s’il a besoin… mais on le laisse faire.

Dans la vie, c’est pareil.

Quand tu te sacrifies en permanence :

  • tu envoies aux autres le message : “sans moi, tu ne peux pas”
  • et à toi-même : “je ne compte pas”

Et ça, ça use.

Comment sortir de cette erreur

Il ne s’agit pas de devenir égoïste.
Il s’agit de TE remettre dans l’équation.

Questions simples à te poser :

  • Qu’est-ce que je fais par amour… et qu’est-ce que je fais par peur ? (peur de décevoir, d’être jugée, de perdre)
  • Si je prenais soin de moi autant que je prends soin des autres, à quoi ressemblerait ma semaine ?
  • Qu’est-ce que je pourrais arrêter de faire… sans que tout s’effondre ?

Une pratique mini, mais puissante :
Chaque jour, demande-toi : “De quoi ai-je besoin aujourd’hui ?”
Et donne-toi une seule chose.
10 minutes de silence. Un thé bu lentement. Un “non” doux. Un temps seule. Une marche. Un bain.

Prendre soin de toi, ce n’est pas un luxe.
C’est une nécessité.

  • « Quelles sont les situations où je me sens obligé(e) de tout donner, même à mon détriment ? »
  • « Comment puis-je commencer à me donner autant d’amour et d’attention que j’en donne aux autres ? »

Erreur n°3 : Attendre d’être “prête” avant d’agir (et rester bloquée)

Le piège du perfectionnisme

“Je commencerai quand j’aurai plus de temps.”
“Je m’occuperai de moi quand les enfants seront plus grands.”
“Je lancerai mon projet quand je serai vraiment prête.”

Tu te reconnais ?

Le souci, c’est qu’on n’est jamais “vraiment prête”.
Il y aura toujours un imprévu. Une fatigue. Un doute. Une peur.
Alors tu repousses.

Et le danger, ce n’est pas d’échouer.
Le danger, c’est de te réveiller un jour avec ce sentiment :
“Je suis passée à côté.”

Pourquoi on attend

Derrière l’attente, il y a souvent une peur :

  • peur de l’échec
  • peur du jugement
  • peur de ne pas être à la hauteur

Alors on se dit qu’on attend d’être “plus confiante”.
Mais en réalité… on attend d’avoir moins peur.

Et ça n’arrive pas comme ça, par magie.

Ce que Montessori m’a appris sur l’action

En Montessori, un principe est fondamental : l’enfant apprend en faisant.
Pas en attendant. 

On ne lui dit pas : “C’est pas de ton âge.”
On lui dit : “Viens, je te montre. Tu veux essayer ? Tu peux recommencer autant de fois que tu veux.”

Et si tu te parlais comme ça, toi aussi ?

Quand j’ai ouvert ma première école, je n’étais pas “prête”.
Mais j’ai fait.
Et c’est en faisant que je suis devenue celle que je voulais être.

Comment sortir de cette erreur

Tu n’as pas besoin de tout changer d’un coup.
Tu as besoin de commencer petit. Maintenant.

Actions concrètes :

  • Choisis une chose que tu repousses (la plus simple, pas la plus grosse).
  • Donne-toi 5 minutes pour commencer. Juste 5 minutes.
  • Remplace “je ne suis pas prête” par : “Je vais essayer et je verrai.”

Le mouvement crée le mouvement.
L’action crée la confiance.

Tu n’as pas besoin d’être parfaite pour commencer.
Tu as juste besoin de commencer.

  • « Qu’est-ce que j’ai repoussé parce que j’attendais d’être ‘prête’ ? »
  • « Quelle est une petite action que je peux entreprendre aujourd’hui pour avancer vers mes rêves ? »

Ce que ces trois erreurs ont en commun

Ces trois erreurs viennent souvent d’une croyance profonde :
“Je ne suis pas assez.”

Pas assez compétente → alors je contrôle tout.
Pas assez aimable → alors je me sacrifie.
Pas assez légitime → alors j’attends d’être “prête”.

Et cette croyance s’est construite quelque part.
Dans l’enfance. Dans le regard des autres. Dans une société qui confond valeur et performance.

Mais voilà ce que j’aimerais que tu entendes :
tu es déjà assez.

Tu n’as pas besoin de tout contrôler pour être en sécurité.
Tu n’as pas besoin de te sacrifier pour être aimée.
Tu n’as pas besoin d’être parfaite pour commencer.

Tu as juste besoin de te choisir.

Conclusion : Et si “bien faire”, c’était d’abord bien vivre ?

Pendant longtemps, j’ai cru que “bien faire”, c’était faire plus.
Donner plus. Contrôler plus. Tenir plus.

Aujourd’hui, je sais que “bien faire”, c’est surtout être présente.
Présente dans ton corps. Dans ton cœur. Dans ta vie.
Pas parfaite. Juste présente.

Trois petites actions pour aujourd’hui

  • Lâche une chose que tu essaies de contrôler.
  • Accorde-toi une chose que tu t’interdis d’habitude.
  • Commence une chose que tu repousses depuis trop longtemps.

Parce que ta vie ne t’attend pas dans six mois.
Pas quand tu seras “prête”.
Maintenant.

  • Quelle est la croyance limitante qui m’empêche de vivre pleinement ma vie ? »

Mot de fin

Si cet article t’a touchée, partage-le à une femme qui en a besoin. 🌿
Et dis-moi en commentaire : laquelle de ces 3 erreurs te parle le plus aujourd’hui ?
(contrôle / sacrifice / attente)
Et surtout : quelle petite action mets-tu en place dès aujourd’hui pour commencer à vivre une vie qui te ressemble ?

Une vie à soi commence par un choix. Le tien. 💛

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18 Commentaires

  • Schmitt joelle

    Un contenu très juste, qui parle avec authenticité et donne matière à réfléchir.
    Merci pour cet article ✨

  • Antoine

    Merci pour ton article, je me suis bien senti concerné dans ces 3 erreurs.. Surtout la 3ème avec le perfectionnisme, ça coute très cher en temps et ça fait énormément reculer l’avancé de nos projets.. Merci beaucoup pour ces rappels en tout cas

  • Denis (Académie de la Chanson)

    En tant qu’adepte de Montessori, ton article m’a interpellé (non pas de faute d’orthographe, je suis bien un homme).
    Et je me suis évidemment reconnu :
    Dans le 1), un peu
    Dans le 2), beaucoup
    Dans le 3)… à la folie !
    Par bonheur, je me « soigne », et j’essaie de ne pas laissee mes élèves petits ou grands se faire enfermer dans ce carcan. Pour ce qui me concerne… Hum! Un peu tard hélas !

    • Karine Burns

      Karine Burns

      excellent Denis ! il n’est jamais trop tard tu plaisantes !! bravo à toi de transmettre ça à tes élèves petits et grands !

  • Jonathan

    Merci pour ce partage sincère et surtout très juste !
    On croit souvent qu’il faut tout sécuriser avant d’oser changer quelque chose… et finalement on repousse ce qui compte vraiment.
    De notre côté, partir vivre autrement en famille nous a appris exactement ça : commencer imparfaitement vaut mieux qu’attendre le moment parfait.
    Merci pour ce partage sincère.

    • Karine Burns

      Karine Burns

      merci Jonathan, c’est vrai que pour Aurélia et toi c’est un sacré passage à l’action que vous avez fait !! bravo à vous de vivre la vie de famille qui vous fait vibrer !

  • Nicolas Szkudlarek

    Merci pour cet article, les trois erreurs me parlent beaucoup. Celle qui me concerne le plus reste le perfectionnisme : j’ai parfois tendance à attendre que tout soit parfaitement prêt avant de me lancer.

    Mon objectif : publier mon prochain contenu le jour prévu, même s’il n’est pas parfait!

    • Karine Burns

      Karine Burns

      merci Nicolas pour ton partage ! tu connais l’adage : mieux vaut fait que parfait !

  • Sciences Ludiques

    Depuis que je suis maman, j’ai toujours 2 petites voix dans ma tête, l’une qui me dit de tout faire pour mes enfants : être là pour eux, donc ce que j’ai à faire pour moi attendra; prévoir le meilleur pour eux, donc tout contrôler…et puis il y a la seconde voix qui me dit « ne t’oublie pas! » Mes enfants ont besoin d’une maman bien dans ses baskets! Alors il est probablement meilleur pour eux et pour moi, de m’éloigner 2h d’eux pour faire ma séance de sport et revenir ensuite pleine d’énergie à partager avec eux! Merci pour ces rappels essentiels!

    • Karine Burns

      Karine Burns

      merci Claire pour ton partage. C’est excellent ces 2h de sport rien que pour toi. Il y a aussi le fait de s’écouter dans la journée sur ce qui raisonne en nous et ce qui est bon pour moi ici et maintenant. C’est ce que j’apprends en ce moment 🙂

  • Muriel

    Merci pour cet article et cette piqûre de rappel. Pour ma part, je coche les 3 cases et le résultat a été d’arriver à 56 ans à la ménopause complètement vidée et en burn-out . J’ avais je n’aurais imaginé que ce mot s’apliquerait un jour à ma situation. J’ai décidé pour me reprendre en main travailler sur moi pour lâcher le perfectionnisme.

    • Karine Burns

      Karine Burns

      merci Muriel de nous partager ta vulnérabilité ici. Ton blog est très chouette. C’est génial de partager ces informations au plus grand nombre de femmes. Cela part de nous, c’est ce que je suis en train d’apprendre 🙂

  • sabine

    Je me reconnais très bien dans les 3 erreurs décrites : vouloir tout contrôler pour bien faire, se sacrifier par amour et attendre d’être “prête” avant d’agir.
    Et si je devais en choisir une sur les 3, ça serait le contrôle.
    Je vais donc utiliser ta phrase magique: “Je fais de mon mieux avec ce que j’ai aujourd’hui.”

    • Karine Burns

      Karine Burns

      merci pour ton partage Sabine ! être douce avec nous même c’est le point de départ, contente que cela te parle 🙂

  • Alex – La Vie d’Alex

    Merci pour ce partage d’une grande justesse.
    Cette idée qu’à force de vouloir “bien faire” on finit par s’abandonner soi-même résonne profondément en moi. J’ai longtemps attendu d’être prête avant d’oser avancer… alors que c’est justement le mouvement qui construit la confiance.

    Ton article est à la fois doux, lucide et très libérateur. Il rappelle l’essentiel : se choisir n’est pas un manque d’amour pour les autres, c’est la base.

    • Karine Burns

      Karine Burns

      merci Alex pour ton commentaire. Je reste persuadé que ce sont des choses que l’on aurait du nous apprendre petits. Je ne rejette pas la faute mais la connaissance de soi fait partie des apprentissages importants.

  • béa

    bel article et les références avec l’école Montessori sont vraiment un plus.
    j’ai cru me reconnaître dans la description, un moment où je voulais être parfaite partout,la superwoman.
    le plus dur est le lâcher du contrôle toujours en cours mais cela s’améliore 😉
    et maintenant ma petite phrase secours : qu’as tu envie de faire maintenant , en laissant un temps de pause pour respirer ?

    • Karine Burns

      Karine Burns

      merci Béa, c’est génial ce que tu dis sur « qu’est ce que tu as envie maintenant » ca me fait penser que j’ai été au restaurant la dernière fois avec une personne que je connaissais peu et elle m’a dit « qu’est ce que tu prendrais si je n’étais pas là » et cela m’a aussi fait remarqué à quel point j’oublie (souvent) de me connecter à mes besoins 🙂