Les 3 erreurs qu’on fait en voulant “bien faire” (en éducation comme dans sa vie)
Introduction
À force de vouloir bien faire, tu finis parfois par faire un truc très injuste : tu t’oublies.
On nous a beaucoup appris à être “bonne” partout :
une bonne mère, une bonne professionnelle, une bonne amie, une bonne partenaire.
Alors tu donnes. Tu anticipes. Tu portes. Tu gères. Tu encaisses. Tu compenses ce que les autres ne font pas.
Et tu te dis : “C’est normal. Il faut bien que quelqu’un le fasse.”
Sauf qu’un jour, tu sens un truc étrange.
Tu fais tout “comme il faut”… mais tu ne te reconnais plus.
Tu es là, oui. Mais à moitié ou à un quart. Comme en pilote automatique.
De mon côté, pendant huit ans, j’ai dirigé deux écoles Montessori. J’ai accompagné des centaines d’enfants à développer leur autonomie, leur confiance, leur joie d’apprendre.
Et pourtant… j’ai moi aussi commis les mêmes erreurs que tant de femmes : des erreurs invisibles, souvent bien intentionnées, mais qui nous vident de notre énergie et nous éloignent de nous-mêmes.
Aujourd’hui, je te partage ces 3 erreurs.
Pas pour te culpabiliser. Mais pour t’aider à les reconnaître… et à choisir autrement.
Parce que “bien faire” ne devrait jamais vouloir dire “s’oublier”.
Erreur n°1 : Vouloir tout contrôler (pour se sentir en sécurité)
L’illusion du contrôle parfait
Quand tu veux “bien faire”, tu veux souvent éviter l’imprévu.
Alors tu contrôles.
Tu contrôles les devoirs pour être sûre qu’il/elle “réussisse”.
Tu contrôles ton emploi du temps pour ne rien oublier.
Tu contrôles tes émotions pour ne pas craquer.
Tu contrôles l’image que tu renvoies pour être aimée, reconnue, validée.
Et le problème, c’est que le contrôle ne rassure jamais longtemps.
Il fatigue.
Plus tu contrôles, plus tu t’épuises.
Plus tu anticipes, plus tu vis dans l’anxiété.
Plus tu veux “bien faire”, moins tu es présente à ce qui est.
J’ai passé des années à vouloir que tout soit “parfait” : l’organisation, les équipes, les projets, les enfants, la maison…
Et un jour, j’ai réalisé : je ne vivais plus.
Je gérais.
Je gérais tout sauf moi!
Ce que ça coûte vraiment
Le besoin de tout contrôler vient souvent d’une peur profonde :
peur de l’échec, peur du jugement, peur de l’imprévu.
On croit qu’en contrôlant tout, on se protège.
Mais en réalité, on se prive.
On se prive de légèreté.
On se prive de spontanéité.
On se prive même… de la beauté de l’imprévu.
Et très concrètement, ça donne quoi ?
Ton enfant te dit : “Tu viens jouer ?”
Et toi : “Pas maintenant.”
Parce qu’il y a une machine à étendre, un repas à préparer, un truc à ranger, un truc à prévoir.
Et tu te dis : “Après.”
Sauf que “après”, c’est souvent jamais.
Alors pose-toi une question simple :
Qu’est-ce qui compte vraiment : une maison nickel… ou un moment de présence ?
(Et je dis ça sans culpabilité. Juste pour remettre l’essentiel à sa place.)
Comment sortir de cette erreur
La première étape, c’est de reconnaître une vérité libératrice :
tu ne peux pas tout contrôler.
Et c’est OK.
En Montessori, on apprend aux enfants à faire par eux-mêmes, parce qu’on leur fait confiance.
Et si tu commençais à te faire confiance, toi aussi ?
Quelques pistes concrètes (simples, faisables) :
- Choisis une seule chose à lâcher cette semaine (une attente, un “il faut”, une tâche non essentielle).
- Utilise la phrase magique : “Je fais de mon mieux avec ce que j’ai aujourd’hui.”
- Remplace “c’est une menace” par “c’est une invitation” quand un imprévu arrive.
Contrôler moins, ce n’est pas abandonner.
C’est respirer.
Et parfois, faire moins, c’est aussi te rendre la vie.
Moi, je remplissais mon “temps libre” d’une liste de contraintes.
J’avais oublié de garder une place pour moi : nager, lire, ne rien faire, juste me poser.
C’est fou comme on peut s’oublier… sans même s’en rendre compte.
- « Quels aspects de ma vie est-ce que je cherche à contrôler le plus, et pourquoi ? »
- « Quelle est une petite chose que je pourrais lâcher cette semaine pour me sentir plus libre ? »
Erreur n°2 : Se sacrifier pour les autres (en pensant que c’est de l’amour)
La confusion entre don et sacrifice
Il y a une croyance que beaucoup de femmes portent en silence :
“Pour être une bonne mère / une bonne partenaire / une bonne personne, je dois tout donner.”
Alors tu donnes.
Ton temps. Ton énergie. Ta patience. Ton attention.
Même quand tu es fatiguée. Même quand tu n’en peux plus. Même quand tu te sens vide.
Et tu continues… parce que tu appelles ça “aimer”.
Mais aimer, ce n’est pas s’effacer.
Aimer, ce n’est pas disparaître pour que l’autre existe.
Et si la première personne avec qui tu devais apprendre à être douce… c’était toi ?
D’où vient cette croyance ?
Souvent, elle est ancienne.
On a vu nos mères faire passer tout le monde avant elles.
On a appris qu’une “bonne fille” ne se plaint pas.
Qu’il faut être gentille, serviable, disponible.
Et petit à petit, on a intégré que notre valeur dépendait de ce qu’on donnait.
Sauf qu’un jour… tu te réveilles et tu ne sais plus qui tu es.
Tu as tout donné.
Sauf à toi.
La vérité sur le sacrifice
Tu ne peux pas remplir la tasse de quelqu’un d’autre si la tienne est vide.
En Montessori, on évite de faire à la place de l’enfant ce qu’il peut faire seul.
Parce que sinon, on lui vole sa puissance.
Exemple tout bête :
Un enfant dit “J’ai pas de fourchette.”
Au lieu de courir, on peut répondre :
“Tu n’as pas de fourchette ? Tu te rappelles où elles sont rangées ?”
Et on l’accompagne s’il a besoin… mais on le laisse faire.
Dans la vie, c’est pareil.
Quand tu te sacrifies en permanence :
- tu envoies aux autres le message : “sans moi, tu ne peux pas”
- et à toi-même : “je ne compte pas”
Et ça, ça use.
Comment sortir de cette erreur
Il ne s’agit pas de devenir égoïste.
Il s’agit de TE remettre dans l’équation.
Questions simples à te poser :
- Qu’est-ce que je fais par amour… et qu’est-ce que je fais par peur ? (peur de décevoir, d’être jugée, de perdre)
- Si je prenais soin de moi autant que je prends soin des autres, à quoi ressemblerait ma semaine ?
- Qu’est-ce que je pourrais arrêter de faire… sans que tout s’effondre ?
Une pratique mini, mais puissante :
Chaque jour, demande-toi : “De quoi ai-je besoin aujourd’hui ?”
Et donne-toi une seule chose.
10 minutes de silence. Un thé bu lentement. Un “non” doux. Un temps seule. Une marche. Un bain.
Prendre soin de toi, ce n’est pas un luxe.
C’est une nécessité.
- « Quelles sont les situations où je me sens obligé(e) de tout donner, même à mon détriment ? »
- « Comment puis-je commencer à me donner autant d’amour et d’attention que j’en donne aux autres ? »
Erreur n°3 : Attendre d’être “prête” avant d’agir (et rester bloquée)
Le piège du perfectionnisme
“Je commencerai quand j’aurai plus de temps.”
“Je m’occuperai de moi quand les enfants seront plus grands.”
“Je lancerai mon projet quand je serai vraiment prête.”
Tu te reconnais ?
Le souci, c’est qu’on n’est jamais “vraiment prête”.
Il y aura toujours un imprévu. Une fatigue. Un doute. Une peur.
Alors tu repousses.
Et le danger, ce n’est pas d’échouer.
Le danger, c’est de te réveiller un jour avec ce sentiment :
“Je suis passée à côté.”
Pourquoi on attend
Derrière l’attente, il y a souvent une peur :
- peur de l’échec
- peur du jugement
- peur de ne pas être à la hauteur
Alors on se dit qu’on attend d’être “plus confiante”.
Mais en réalité… on attend d’avoir moins peur.
Et ça n’arrive pas comme ça, par magie.
Ce que Montessori m’a appris sur l’action
En Montessori, un principe est fondamental : l’enfant apprend en faisant.
Pas en attendant.
On ne lui dit pas : “C’est pas de ton âge.”
On lui dit : “Viens, je te montre. Tu veux essayer ? Tu peux recommencer autant de fois que tu veux.”
Et si tu te parlais comme ça, toi aussi ?
Quand j’ai ouvert ma première école, je n’étais pas “prête”.
Mais j’ai fait.
Et c’est en faisant que je suis devenue celle que je voulais être.
Comment sortir de cette erreur
Tu n’as pas besoin de tout changer d’un coup.
Tu as besoin de commencer petit. Maintenant.
Actions concrètes :
- Choisis une chose que tu repousses (la plus simple, pas la plus grosse).
- Donne-toi 5 minutes pour commencer. Juste 5 minutes.
- Remplace “je ne suis pas prête” par : “Je vais essayer et je verrai.”
Le mouvement crée le mouvement.
L’action crée la confiance.
Tu n’as pas besoin d’être parfaite pour commencer.
Tu as juste besoin de commencer.
- « Qu’est-ce que j’ai repoussé parce que j’attendais d’être ‘prête’ ? »
- « Quelle est une petite action que je peux entreprendre aujourd’hui pour avancer vers mes rêves ? »
Ce que ces trois erreurs ont en commun
Ces trois erreurs viennent souvent d’une croyance profonde :
“Je ne suis pas assez.”
Pas assez compétente → alors je contrôle tout.
Pas assez aimable → alors je me sacrifie.
Pas assez légitime → alors j’attends d’être “prête”.
Et cette croyance s’est construite quelque part.
Dans l’enfance. Dans le regard des autres. Dans une société qui confond valeur et performance.
Mais voilà ce que j’aimerais que tu entendes :
tu es déjà assez.
Tu n’as pas besoin de tout contrôler pour être en sécurité.
Tu n’as pas besoin de te sacrifier pour être aimée.
Tu n’as pas besoin d’être parfaite pour commencer.
Tu as juste besoin de te choisir.
Conclusion : Et si “bien faire”, c’était d’abord bien vivre ?
Pendant longtemps, j’ai cru que “bien faire”, c’était faire plus.
Donner plus. Contrôler plus. Tenir plus.
Aujourd’hui, je sais que “bien faire”, c’est surtout être présente.
Présente dans ton corps. Dans ton cœur. Dans ta vie.
Pas parfaite. Juste présente.
Trois petites actions pour aujourd’hui
- Lâche une chose que tu essaies de contrôler.
- Accorde-toi une chose que tu t’interdis d’habitude.
- Commence une chose que tu repousses depuis trop longtemps.
Parce que ta vie ne t’attend pas dans six mois.
Pas quand tu seras “prête”.
Maintenant.
- Quelle est la croyance limitante qui m’empêche de vivre pleinement ma vie ? »
Mot de fin
Si cet article t’a touchée, partage-le à une femme qui en a besoin. 🌿
Et dis-moi en commentaire : laquelle de ces 3 erreurs te parle le plus aujourd’hui ?
(contrôle / sacrifice / attente)
Et surtout : quelle petite action mets-tu en place dès aujourd’hui pour commencer à vivre une vie qui te ressemble ?
Une vie à soi commence par un choix. Le tien. 💛

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